Ephéméride de la Shoah : 6 Septembre

Chaque jour, des années 1942 à 1945, des Enfants, des Femmes et des Hommes ont été raflés, emprisonnés, assassinés, gazés et brulés.
Aujourd’hui, voici la liste des âmes juives qui ont été assassinées.
Voici l’histoire de l’une de ces âmes.

Bruna Sevini, Trieste, Italie 22 septembre 1923

6 Septembre
1939  Les nazis occupent Gorlice (Pologne du Sud-Est), où vivent 5 000 juifs. Ils prennent des otages juifs qu’ils gardent longtemps. Des juifs habitent la ville depuis le début du XVIIe siècle.
1941  Les juifs ne peuvent plus quitter les 2 ghettos de Vilna (R.S.S. de Lituanie), où un second Conseil juif se trouve constitué.
1942  Les nazis entreprennent de liquider le ghetto de Wolbrom (province de Cracovie). Tous les juifs sont conduits à la gare. Là, les Allemands prennent 2 000 vieillards et malades qui sont envoyés dans la forêt voisine, où ils sont fusillés et enterrés dans des fosses communes. Les 2 000 juifs restants sont déportés au camp d’extermination de Belzec.
– Les nazis déportent 1 000 juifs du ghetto de Biala Podlaska (Pologne) au camp d’extermination de Treblinka, où ils sont tués quelques heures après leur arrivée.
1943  Les 6 et 8 Septembre, au total 5 007 juifs du ghetto de Theresienstadt sont déportés au camp d’extermination d’Auschwitz (Pologne). Ils sont tous installés dans la partie en construction du camp de Birkenau, dit «camp familial».
Les 8 et 9 mars 1944, les 3 792 déportés encore vivants seront gazés.

Bruna Sevini, Trieste, Italie
22 septembre 1923

Bruna était l’aînée de deux enfants nés dans une famille juive parlant italien installée dans la ville cosmopolite de Trieste. Son père, né à Vienne, avait servi dans l’armée austro-hongroise pendant la Première Guerre mondiale. Il fut naturalisé Italien dans les années 20 après avoir épousé la mère de Bruna. Elevée dans une Italie fasciste, Bruna fréquentait les écoles publiques de Trieste et était fière d’être italienne.

1933-39 : En septembre 1938, je fus surprise de lire sur un mur une inscription anti-juive. Puis les lois raciales furent annoncées. Je fus exclue de mon collège public et mon père fut renvoyé de son emploi. J’entrais alors dans nouvelle école privée, créée par des professeurs juifs ayant perdu leurs postes. Cette école se composait de petites classes dirigées par d’excellents professeurs. Ironie du sort, mes examens et mes diplômes furent tous validés par l’Etat italien.

1940-44 : Nous fûmes heureux d’apprendre la destitution de Mussolini en juillet 1943, mais sa chute laissa place à l’occupation allemande de l’Italie. Nous partîmes vers le sud mais fûmes pris dans une rafle. Dans l’attente de ma déportation vers l’Allemagne, j’assistais à une messe de Noël en prison. L’Evêque de Rimini me dit de ne pas désespérer et de croire aux miracles. Trois jours plus tard, la prison fut touchée lors d’un raid aérien. Nous nous échappâmes vers un couvent au sud de Rimini et découvrîmes que l’évêque avait donné instruction au couvent d’offrir un abri aux réfugiés, sans poser de questions ni demander d’argent.

Bruna fut libérée au couvent par les troupes britanniques le 23 septembre 1944,
le lendemain de son vingt-et-unième anniversaire.

Source http://www.ushmm.org

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